Produits des coopératives zapatistes (artisanat et café zapatistes)

Présentation

Émanation du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL), l’association Échanges Solidaires s’est créée en 2002 pour diffuser le café produit par les coopératives zapatistes en résistance. Les échanges solidaires, ce sont autant de passerelles entre les luttes d’ici et de là-bas.

Ce projet est une manière concrète d’accompagner le mouvement zapatiste dans sa marche vers une autonomie culturelle, politique et économique, en empruntant des chemins alternatifs. Il s’agit aussi de tisser d’autres relations avec des luttes d’ici et de là-bas et d’essayer de construire des alternatives à la mondialisation néolibérale pour lequel il n'y a pas d'autre horizon que l’accumulation et l’échange d'argent. Par les échanges solidaires, nous échangeons nos rêves d'un autre monde. Une manière de joindre nos voix à ce cri de ¡Ya basta! (ça suffit !) venant des montagnes du sud-est mexicain.

Entre ici et là-bas : un projet de solidarité pratique

Les communautés indiennes en rébellion du mouvement zapatiste défient le gouvernement qui mène, dans cette région de haut intérêt stratégique (pétrole, uranium, eau, biodiversité…), une politique dite de « guerre de basse intensité », en s’organisant pacifiquement en communes autonomes. Pour construire une autonomie solide et durable, face aux méga-projets nationaux et multinationaux qui tentent de recoloniser le territoire pour en exploiter la richesse des ressources naturelles, elles essayent d’aller vers l’indépendance économique. Des projets collectifs voient le jour, comme des coopératives autogérées de femmes artisanes, de fabrication de chaussures, de production de café.

Afin d’échapper au racket organisé des coyotes (appelés ainsi par les paysans eux-mêmes) qui sont les intermédiaires qui leur achètent le café à bas prix pour le revendre aux multinationales du café et à l’instabilité du cours du café, fixé dans les bourses mondiales, les coopératives zapatistes cherchent des débouchés directs pour leur café en essayant de créer des réseaux commerciaux alternatifs.

Enfin, la vente de ce café est aussi un moyen de continuer à diffuser de l’information sur la lutte des Indiens zapatistes et la situation au Chiapas.

Là-bas : un soutien aux projets des communautés

Le plus difficile, c’est l’autosuffisance économique. (CBG de La Realidad)

Outre le prix supérieur du café payé directement aux coopératives, l’intégralité des bénéfices de la vente des paquets de café est ensuite reversée aux communautés zapatistes. Cela est permis par le fait que nous sommes tou-te-s bénévoles.

Cet argent est remis aux responsables des « Conseils de bon gouvernement » pour qu’ils décident eux-mêmes de l’utilisation la meilleure. Composés de représentant-e-s de chaque commune autonome, ces structures administratives, créées par les zapatistes en 2003, sont chargées de mettre en œuvre les projets collectifs d’éducation, de santé, de production. Mais aussi de veiller à ce que l’aide provenant de l’international soit répartie en fonction des besoins les plus urgents et ne se concentrent pas seulement dans certaines communautés, les plus connues ou les plus accessibles.

La vente du café permet donc à la fois de soutenir les coopératives zapatistes de production mais aussi d'appuyer les projets zapatistes "non monétaires" (santé et éducation notamment).

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Nous importons le café des différentes coopératives zapatistes : Yachil Xojobal Chulchan (qui a plus de 1 000 membres) dans la zone des Altos et Ssit Lequil Lum dans la zone Nord.

Il s’agit d’un excellent arabica d’altitude. Le café est cultivé à l'ombre, sous couvert forestier, à flanc de montagne selon des méthodes biologiques respectueuses de l’environnement.

En France, le café est torréfié et moulu par un torréfacteur artisanal. Nous le proposons aussi en grains.

Entre nous ici : acte de résistance contre la mondialisation néolibérale

Le pré-achat solidaire

La vente se fait pour l'essentiel par pré-commande, une fois par an. Une campagne annuelle de souscription est lancée chaque automne afin de pouvoir passer commande aux coopératives en décembre. À ce moment, nous leur versons un acompte de 60 % pour éviter que les agriculteurs s'endettent auprès des banques en attendant la vente de la récolte, et les 40 % restant à la réception du café en avril/mai.

Pour la livraison du café, nous organisons une journée de distribution / dégustation en juin qui permet aux acheteurs-ses de venir chercher leur café, se rencontrer, et s’informer sur l’actualité du mouvement zapatiste. Nous tenons aussi des permanences hebdomadaires pendant l’été. Enfin, pour ceux/celles qui habitent en dehors de la région parisienne nous leur envoyons le café sans frais de port supplémentaires.

Nous vendons le café essentiellement à des particuliers ou des associations, ou bien dans des festivals, fêtes de solidarité, concerts.

Nous concevons l’achat de ce café « rebelle et zapatiste » comme un geste militant, comme un petit acte de rébellion, un geste de solidarité avec les zapatistes qui s’opposent à la vision néolibérale du monde en essayant de construire des modèles alternatifs. Un Ya basta contre la marchandisation de tous les secteurs de la société.

Et l’efficacité sera d’autant plus grande que se développeront ici également des ponts et des passerelles entre nous, entre les luttes. La meilleure façon de soutenir l’autonomie zapatiste est de développer ici aussi des pratiques alternatives, horizontales, anti-capitalistes, autonomes.

Nous souhaiterions ainsi par exemple que de plus en plus de groupes développent leur propre réseau de distribution du café. Loin d’une organisation centralisée, nous aimerions que de plus en plus de personnes ou de groupes prennent l’initiative de développer autour d’eux leur propre réseau pour rejoindre les réseaux de distribution et de solidarité existant déjà en France (Paris, Bretagne, Toulouse, Haute Garonne, Drôme, Tarn, Ariège, Marseille) et en Suisse, Allemagne, Catalogne, Espagne, Grèce, Suède, Italie, Belgique, Angleterre, Écosse, Irlande, Pologne, Autriche.

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